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- Méroé et les royaumes médiévaux
Le royaume de Méroé
Vers 270 avant notre ère, une dynastie originaire de Méroé, une cité située à 300 km au sud de Napata, déjà capitale administrative après l’invasion de Psammétique, s’empare du pouvoir. On parle désormais de « royaume de Méroé ». Bien qu’inscrit dans la continuité de l’État napatéen, il présente quelques innovations remarquables, telle l’adoption d’une écriture pour la langue locale, le méroïtique, ou le culte officiel désormais rendu aux divinités autochtones, comme Apédémak, dieu-lion créateur et guerrier. Est également nouveau l’attribution du pouvoir royal à des femmes, les fameuses Candaces. C’est d’ailleurs l’une d’entre elles, la reine Amanirénas, qui affronta les légions de Rome lors de la guerre qui opposa, de 25 à 21 avant notre ère, le préfet d’Égypte Pétronius aux armées kouchites. Vers 270 après J.-C., le royaume de Méroé succombe sous les assauts d’envahisseurs venus de l’Ouest, les Noubas, que les Kouchites avaient maintes fois repoussés dans le passé. Sur le territoire de Kouch, les nouveaux venus établissent des principautés rivales, dites « post-méroïtiques ».
Les royaumes médiévaux
Vers 450, le roi Silko crée en Nubie le royaume de Nobadia en repoussant les tribus nomades de la vallée du Nil. Entre la 3e et la 5e cataracte, se crée le royaume de Makouria, autour de la ville de Dongola. Au sud, Alodia est le troisième de ces royaumes nubiens. Tous trois sont convertis au christianisme par des missionnaires envoyés par Constantinople entre 542 et 570. Les royaumes nubiens, après une tentative manquée d’invasion par les armées musulmanes en 651, connurent une période de prospérité du 9e au 13e siècle, magnifiquement illustrée par les fresques de la cathédrale de Faras, réparties entre les musées de Khartoum et de Varsovie. Ce n’est qu’au 15e siècle que ces royaumes cédèrent sous la pression de l’Islam, inaugurant une nouvelle période de l’histoire du Soudan.
Claude Rilly, École Pratique des Hautes Études