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  • Postérité de Babylone aux XXe et XXIe siècles
  • Une référence historique et politique disputée
  • La reconstruction mémorielle irakienne et les dégâts du XXIe siècle

Le Service des Antiquités d’Irak, qui s’est développé dans l’entre-deux guerres, s’est appuyé d’abord sur des cadres locaux souvent formés en Europe ou aux Etats-Unis puis sur les départements d’archéologie et d’assyriologie des universités de Bagdad et Mossoul.

L’arrivée au pouvoir de Saddam Hussein en 1979 a pour conséquence une multiplication des fouilles archéologiques de sauvetage, liées à la modernisation accélérée du pays, et une vaste entreprise de restauration des sites emblématiques de la civilisation mésopotamienne antique. Saddam Hussein se veut le moderne continuateur de Sargon d’Akkad, et, surtout, de Nabuchodonosor II.

À son initiative, de grands travaux de restauration sont entrepris à Babylone à partir de 1983, aboutissant à une reconstruction partielle du palais royal, d’une partie des remparts, du théâtre. Il fait insérer dans les murs restaurés des briques estampées à son nom, sur le modèle de Nabuchodonosor. Mais cette politique dirigiste, qui ne respecte pas assez les vestiges anciens, bloque le dossier du classement par l’UNESCO de Babylone au Patrimoine mondial. La construction par Saddam Hussein d’une somptueuse résidence au bord même du site archéologique de Babylone, la «Saddam Hill», l’un des palaces les plus luxueux d’Orient, n’arrange pas la situation.

Celle-ci prend une allure dramatique lorsqu’après la chute du régime en 2003, Babylone devient un camp militaire baptisé «camp alpha». La présence sur le site des forces de la coalition et de leurs sous-traitants,  jusqu’en décembre 2004 et les travaux de terrassement qu’ils mènent  ont pour conséquence des dommages considérables au patrimoine historique de Babylone. L’absence d’entretien des vestiges en briques d’argile crue conduit aussi à de nombreux dégâts dus aux eaux de ruissellement. 

Depuis quelques années, une vigoureuse entreprise de préservation et de restauration par le Service des Antiquités a permis de réparer une partie des dommages. Un groupe de travail spécifique sur le site archéologique de Babylone a été créé en juin 2005 pour étudier les dégâts. Le site de Babylone figure sur la liste indicative établie par l’Irak en vue d’une inscription au Patrimoine mondial et l’étude du dossier est en cours...