Vue aérienne du site d'Étaples-Tubersent (Pas-de-Calais). Photo Yves Desfossés.

Le gisement se divise en trois parties :

A. Un habitat de l'âge du Bronze ancien au sud. Il est constitué d'un enclos "ovalaire" de 120 m sur 95 m. Le fossé d'enceinte mesure 2 m de largeur sur 1 m de profondeur; il est interrompu par trois entrées. Des trous de poteaux et des fosses ont été trouvés à l'intérieur de l'enclos, mais aussi à l'extérieur (petit bâtiment de plan "ovalaire"). Des fragments de poterie décorée à la cordelette appartiennent à l'âge du Bronze ancien.

B. Un grand enclos partiellement décapé au centre. Il s'agit de deux vastes fossés circulaires concentriques de 160 m et de 130 m de diamètre. Les fossés ont aussi des dimensions inhabituelles : largeur de 4 à 5 m et profondeur de 2 à 2,50 m. Des fragments de céramique à cordon digité sont attribuables à l'âge du Bronze moyen. Cet imposant monument est très proche des forts circulaires britanniques (ring fort), dont le rôle défensif a été maintes fois attesté.

C. Un enclos circulaire simple au nord. Il a un diamètre de 60 m. Le fossé atteint près de 2 m de profondeur et 4 m de largeur. Les tessons de poterie recueillis sont attribuables à l'âge du Bronze moyen. Des datations C14 confirment la chronologie proposée. Ce dernier cercle semblerait correspondre à une sépulture arasée.
On peut se demander si les premières constructions de l'âge du Bronze ancien sont le fruit d'une communauté venue du sud de l'Angleterre dans le cadre d'une colonisation du nord-ouest de la France. On peut aussi penser, surtout pour la période suivante de l'âge du Bronze moyen, à une population déjà bien en place, en relation avec ses voisins du monde Atlantique et de la Mer du Nord.

En outre, il a été découvert une petite ferme indigène gauloise et un chemin accolé à son côté nord.

Le site du Mont Bagarre, à Étaples, ne pouvait pas être détecté d'avion en raison de la présence d'une importante couverture limoneuse. Mais des tranchées de sondages ont permis de mettre en évidence les vestiges. A la lumière de ces découvertes, il serait nécessaire de réexaminer les structures du même type trouvées d'avion, et en particulier celles recensées le long de la façade côtière de la Mer du Nord et de la Manche.