IL Y A 690 000 ANS

Tautavel, la caune de l'Arago

Lieu de découverte de la célèbre face de l'homme de Tautavel, elle permet de retracer 600 000 ans d'histoire dans le sud de la France à travers son remplissage comprenant plus de 50 niveaux d’occupation différents.

Panoramique de la plaine de Tautavel

La Caune de l'Arago à Tautavel, située dans le massif des Corbières, sur les marges septentrionales de la plaine du Roussillon, est une vaste cavité qui devait avoir à l'origine plus de 120 mètres de longueur. Elle a été entièrement comblée au Quaternaire, par des sédiments apportés soit par le vent, soit par le ruissellement.

Localisation

Située à environ 80 mètres au-dessus de la vallée de Tautavel, elle était un poste d’observation idéal pour les chasseurs de la Préhistoire, qui pouvaient ainsi surveiller les déplacements du gibier dans la plaine et avoir un accès sur un autre terrain de chasse étant le plateau.

La découverte

L'intérêt de la grotte est connu depuis 1829, lorsque Marcel de Serres, célèbre naturaliste et Joseph Farines, pharmacien, publient leur découverte d’ossements d'animaux qu'ils qualifiaient « d'antédiluviens ». En 1948, Georges Taule découvrit, sur le sol de la caverne, des outillages qu’il qualifiât de préhistoriques, associés à des ossements quaternaires, qu’il remit à l’abbé Jean Abelanet qui s’intéressait à la Préhistoire. Par la suite, divers chercheurs et amateurs de la région y entreprirent de 1956 à 1962, des sondages et des petites fouilles. Il faudra attendre mai 1963 pour qu’à l’issue d’une visite dans cette grotte, accompagnée par Jean Abelanet et le Dr Rigaud, Henry et Marie-Antoinette de Lumley décident d’y ouvrir un grand chantier de fouilles.

Le remplissage

Les dépôts, qui atteignent près de 15 mètres d'épaisseur, ont un âge compris entre 690 000 et 92 000 ans. L'étude pluridisciplinaire du site permet de mettre en évidence différents sols d’occupation et des alternances de périodes froides et de périodes tempérées, de périodes humides et de périodes sèches.

Les différents types d’occupation

Au fil du temps, les chasseurs préhistoriques ont installé dans cette grotte, à intervalles plus ou moins réguliers, soit des campements permanents, soit des campements temporaires, soit de simples haltes de chasse, soit même des ateliers de dépeçage. Par exemple, le sol G, daté de 450000 ans, correspondant à un campement de chasseurs de grands herbivores qui a duré plusieurs années. Le sol F, daté de 440000 ans, était un campement temporaire de chasseurs de mouflons. Le sol J, daté de 500000 ans, correspond à un campement saisonnier de chasseurs de cervidés : cerfs et daims alors que le sol L, daté de 550000 ans, à une simple halte de chasse de chasseurs de rennes.

Les restes humains

La Caune de l’Arago livre des restes humains depuis les toutes premières campagnes de fouilles. Avec ses 151 restes humains elle est un site incontournable pour la Préhistoire mondiale. Ils proviennent de multiples niveaux d’occupations jalonnant le Pléistocène moyen. Cette collection n’a cessé de s’enrichir presque chaque année en quantité et en variété d’os exhumés (crânes, mandibules, dents, vertèbres, humérus, pelvis, fémur, tibia, fibula…), appartenant à des enfants et des adultes, hommes et femmes dont certains portent des traces de cannibalisme.

Les collections

Avec presque 600 000 découverts à ce jour, la richesse de la Caune de l’Arago n’est plus à démontrer. Cette collection se compose principalement de restes fauniques, de pièces lithiques et de rares restes humains. Les restes fauniques sont principalement ceux de grands herbivores qui ont la base de l’alimentation des grands prédateurs et des Hommes. Les restes découverts dans les fouilles attestent la consommation de ces animaux, consommation généralement humaine. Les pièces lithiques attestent de la présence des hommes dans la cavité et mettent en évidence les différentes activités qu’ils ont pu effectuer. 

Recherche

Avec son remplissage de plus de 15 mètres recouvrant 600 000 ans d’histoire et plus de 50 niveaux d’occupation différents, la Caune de l’Arago est un site majeur pour la Préhistoire mondiale. C’est pour cela qu’une équipe de recherche pluridisciplinaire a été mise en place par le Professeur Henry de Lumley très rapidement après le début des fouilles en 1964. De nos jours, cette équipe est composée d'une vingtaine de personnes sous la direction de Sophie Grégoire. Elle s'occupe de l'étude du remplissage et des plus de 600 000 objets qui y ont été découverts à ce jour.

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