Créé en 1801, le musée des Beaux-Arts de Lyon est installé dans une ancienne abbaye du 17e siècle au cœur de la presqu’île lyonnaise. Ses riches collections réparties en cinq départements (antiquités, objets d’art et médaillier, peintures, arts graphiques et sculptures) offrent aux visiteurs un panorama de grandes civilisations et d’écoles artistiques de l’Antiquité à nos jours.

Façade du musée des Beaux-Arts de Lyon depuis la place des Terreaux
© Lyon MBA/Photo Gilles Alonso

Le département des antiquités couvre plus de trois millénaires d’histoire du bassin Méditerranéen, de l’Égypte et du Proche et Moyen-Orient anciens à l’Empire romain. Des antiquités, locales et égyptiennes, entrent au musée dès sa création et les collections continuent à s’enrichir tout au long du 19e siècle, et dans une moindre mesure au 20e siècle. 

Vers 1969, le transfert des antiquités nationales vers le nouveau musée Gallo-romain de Fourvière et l’entrée des antiquités de l'ancien musée Guimet de Lyon entraîne un profond bouleversement du fonds, avec désormais une nette prédominance de l’Égypte ancienne, accrue plus récemment par l’important dépôt de l'université Lumière-Lyon 2.

Louis Charles Émile Lortet (1836-1909), directeur du muséum d’Histoire naturelle de Lyon
© DR

Les plus anciennes antiquités orientales à entrer dans les collections semblent être des figurines fragmentaires mises au jour à Chypre en 1857 et données au musée en 1869. Dix ans plus tard, Louis Lortet, directeur du muséum d’Histoire naturelle installé dans le bâtiment du musée, vend puis donne des stèles funéraires romaines issues de ses fouilles à Sidon ainsi que des verres romains et un sarcophage phénicien anthropoïde. Il sert plus tard d’intermédiaire pour l’achat de cercueils en plomb du type de Sidon et de nombreux vases en verre. 

Le musée se fournit également dans le commerce de l’art : flacons chypriotes à la vente Castellani (1884), sceaux et cachets mésopotamiens chez l’antiquaire Sorlin-Dorigny (1895), qui l’année suivante vend une trentaine de petites sculptures en calcaire et de vases en terre cuite chypriotes, et sans doute une collection de vases de même origine en 1906.

Émile Guimet, collectionneur, fondateur de l'ancien musée Guimet de Lyon
© Lyon MBA/Photo Alain Basset

Comme toutes les grandes institutions de l’époque, le musée acquiert des "bronzes du Louristan" en 1933. Un an plus tôt, un superbe relief de porteur d’outre de Persépolis est acheté chez un antiquaire et, en 1936, une tête de dignitaire assyrien échangée avec le musée d’Arles. Les antiquités orientales de l’ancien musée Guimet de Lyon sont affectées au musée vers 1969. Il s’agit principalement de stèles puniques de Carthage et de Constantine acquises par Émile Guimet dans le commerce de l’art.

Salle où sont exposées les antiquités provenant du Proche et Moyen-Orient
© Lyon MBA/Photo Alain Basset

La rénovation du musée des Beaux-Arts dans les années 1990 donne une impulsion aux collections orientales avec l’acquisition de deux reliefs palmyréniens, puis de tablettes cunéiformes, et le généreux dépôt du département des Antiquités orientales du musée du Louvre (tablettes, brique et clou de fondation sumériens, et un beau buste-relief de Palmyre). Une autre dalle palmyrénienne est léguée au musée en 2011. Les antiquités orientales sont aujourd’hui présentées dans une galerie de manière chronologique et par cultures.

 


Informations pratiques
Musée des Beaux-Arts de Lyon
20 place des Terreaux
69001 Lyon

Site internet : www.mba-lyon.fr