Espace central du secteur de l'administration P, du Grand Palais Royal de Mari, faisant office de bureau de gestion économique. C'est la présence, à plus de 2 m du sol, de centaines de tablettes cunéiformes dans la petite pièce contiguë 5 (porte ouverte à gauche), qui donne la clé de la fonction de cette salle, dont l'organisation rappelle celle de la salle du Trône 65 : les enregistrements des denrées contenues dans les grandes jarres étaient consignés par des scribes sous le contrôle de l'Intendant.
© Jean-Claude Margueron/Mission archéologique de Mari - Archéovision - labex les passés dans le présent
© Jean-Claude Margueron/Mission archéologique de Mari - Archéovision - labex les passés dans le présent
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Les enregistrements des denrées contenues dans les grandes jarres étaient consignés par des scribes sous le contrôle de l'Intendant. Ensuite, ces archives étaient rangées dans des paniers, ou sur des étagères – plutôt que dans des jarres – à l'étage.
Une base en gypse, portant des traces d'encastrement permet de proposer la restitution d'un siège. Celui-ci est inspiré de sièges égyptiens, en l'absence de parallèles archéologiques. Les modèles iconographiques contemporains représentent le souverain sur un siège dépourvu de dossier.
Les tentures, dont les motifs et les couleurs ont été imaginés d'après des tapis traditionnels (inspirés de la plus haute Antiquité), sont justifiées par les trous de fixation retrouvés dans les murs de briques crues.
Pour mémoire
Les trous de fixation des tentures murales n'ont été interprétés comme tels qu'en 1982, soit près de 50 ans après leur découverte lors des fouilles dirigées par André Parrot. Ce sont les recherches menées, sous la direction de Jean-Claude Margueron, sur le Petit Palais Oriental qui ont permis de comprendre le rôle de ces éléments.
Cet espace central du secteur de l'administration P était fortement éclairé par le lanterneau, dépassant la hauteur des toits en terrasse tout autour : les taches lumineuses qui se projettent sur le mur proviennent des fenêtres opposées (sans en reproduire la forme entière à cause de l'inclinaison des rayons du soleil). Les fenêtres intérieures ont été restituées pour éclairer, en second jour, les pièces périphériques de l'étage.
L'aire bitumée dans l'angle NO de la salle 1 comporte une dépression centrale avec l'orifice d'un puisard (non visibles). C'est là que les jarres sont nettoyées.
Celles de la salle 1 étaient probablement utilisées pour la distribution de denrées. La nature précise des denrées contenues dans ces jarres n'est pas connue, probablement huile, bière, vin...