Salle 46 : improprement dite "chambre du Roi". Maison des Femmes (secteur J). Vue vers le SO.
Cette salle de 9,45 x 6,50 m, enclavée entre la muraille occidentale – qui atteint, dans cette zone, son épaisseur maximale (env. 12 m) – et le bloc architectural I, ne peut, au mieux, recevoir qu'un second jour par une extrémité du couloir à ciel ouvert 50 si on lui restitue des fenêtres intérieures du côté nord. Sa situation reculée, son dallage de carreaux de terre cuite et son décor lui assignent une fonction particulièrement intime, pourtant difficile à définir.
Le saviez-vous ?
Il n'est pas exclu que, à l'origine, ce secteur ait été le lieu de résidence royal, ce qui pourrait expliquer le soin qui a présidé à sa décoration. Mais Yasmah-Addu (1794-1775 av. J.-C.), vice-roi de Mari délégué par son père, le souverain de Haute Mésopotamie, implante ses appartements à l'emplacement du secteur F, de l'autre côté du secteur officiel M, par de grands travaux de réaménagement.
© Jean-Claude Margueron/Mission archéologique de Mari - Archéovision - labex les passés dans le présent
© Jean-Claude Margueron/Mission archéologique de Mari - Archéovision - labex les passés dans le présent
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La zone la mieux conservée (h. 2,70 m) montrait, au moment de la fouille, un triple bandeau peint en rouge et noir qui, sur le mur méridional, avait la particularité de se subdiviser en deux tronçons de hauteur décalée (1,43 m, 1,28 m et 1,50 m à l'angle de la porte). Les trous carrés (côté : 5 cm ; prof. 5 à 13 cm ; espacement 0,66 m) alignés dans la bande ocre rouge ne servaient vraisemblablement pas, ici, à fixer des tentures comme dans les salles 1 ou 65, mais plutôt des sortes de clous décoratifs.
Le caractère composite du décor se retrouve dans une pièce de mobilier recueillie sur le sol au pied du mur Ouest et improprement dénommée "retable" : il s'agit d'un châssis de bois à décor ornemental en coquille et figuratif en pâte rouge, délimitant des cases à l'intérieur desquelles, parmi les hypothèses permises, pouvaient prendre place des pièces de tissu ou de tentures ; les textiles ne se conservant généralement pas dans le bassin syro-mésopotamien en raison de l'humidité du sol d'enfouissement, nous avons laissé en blanc les éléments dont les données sont inconnues. La traverse médiane est occupée par une scène de guerre, alors que l'élément vertical représente une déesse dite Lama, divinité de rang inférieur dont le rôle est d'intercéder auprès des grand dieux ou d'assurer la protection des portes (cf. cour 106 : peinture de l'Investiture et peintures hautes). Sur la traverse sommitale, un disque solaire dominait l'ensemble.
Bien que l'on conçoive mal la présence d'un éclairage artificiel permanent, il a semblé nécessaire, ici, d'ajouter – sans attestation archéologique – des lampes à huile posées sur des supports (inspirés de la peinture de la salle 132).