Ses dimensions imposantes (26,30 x 11,60 m) font de cette salle-là plus monumentale du Palais. À son extrémité orientale, une tribune de onze marches, ouverte par une vaste baie à feuillures, accueillait les statues des rois défunts, si l'on en croit celle d'Ishtup-Ilum (seconde moitié du XXIIe s.) tombée au pied de l'escalier. À l'autre extrémité de la salle, une dalle de gypse, au bord mouluré, adossée au mur où s'alignaient deux rangs de petites cavités, est aisément interprétable comme une base de trône surmontée d'un dais fixé, à l'origine, dans la paroi de briques crues. Les alignements de trous repérés sur les longs côtés servaient vraisemblablement à recevoir des supports de tentures, aucun autre décor ne venant par ailleurs briser l'uniformité de la teinte beige ocre du sol en terre battue et des murs, eux aussi simplement enduits de terre. D'après la zone bitumée et l'aire carrelée proches de la tribune ainsi que d'autres installations, comme les deux socles en pierre à degrés qui flanquent le bas de l'escalier, certains rites devaient s'y dérouler. En raison de la conservation exceptionnelle de ses murs (5 m au sud), la hauteur originelle avait été évaluée par Paul François, architecte de la Mission Parrot, à l'époque de la découverte, à 9,30 m au minimum. Les études architecturales conduites depuis la fin des années 1960 par Jean-Claude Margueron portent celle-ci à au moins 12 m, les prises de jour se faisant par les ouvertures du lanterneau surplombant les toits en terrasse périphériques. Quant aux fenêtres situées en dessous, elles sont justifiées par l'éclairement nécessaire aux pièces de l'étage (80' et 82'), situées derrière la salle du Trône au sud (ici à droite) – celles en vis-à-vis ayant été restituées par symétrie. Pour les cérémonies officielles ou les banquets, le Roi descendait directement depuis ses appartements situés à l'étage du secteur F (au-delà de la tribune) par un escalier monumental en briques crues aboutissant à la salle 81 et de là entrait par la porte qui se devine au fond à droite.
© Jean-Claude Margueron/Mission archéologique de Mari - Archéovision - labex les passés dans le présent
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