Syrie - Il y a 5 000 ans

Mari

Mari est une importante capitale mésopotamienne des IIIe et IIe millénaires av. J.-C. Haut lieu de la recherche en archéologie orientale, elle a récemment été affectée par la crise syrienne mais continue d’être publiée et étudiée.

Fouilles du massif rouge de Mari
Fouilles du massif rouge de Mari
Découverte par des bédouins venus enterrer l’un des leurs, la ville antique de Mari est fouillée dès l’hiver 1933 sous la houlette d’André Parrot. 47 campagnes de fouilles et plus de 80 années d’études ont permis de mieux comprendre l'une des grandes capitales du Proche-Orient ancien, aux IIIe et IIe millénaires av. J.-C.

Une ville des bords de l'Euphrate

Mari se situe sur l’Euphrate, au niveau de l’actuelle frontière syro-irakienne. Fondée vers 2900 av. J.-C. la ville a vécu 1200 ans environ et subi deux destructions complètes, en 2300 puis 1759 av. J.-C. Les recherches archéologiques ont permis d’explorer 8% de la superficie du site, et de retrouver un palais royal, plusieurs temples, des quartiers artisanaux et des maisons. On connaît aussi cette cité par des textes qui attestent de son importance dans les réseaux commerciaux et diplomatiques de l’époque.

 

Un site majeur pour la recherche archéologique

Les exceptionnelles découvertes archéologiques et philologiques réalisées ont fait de Mari l'un des sites les plus prolifiques de ce domaine de recherches. Ce sont notamment les conditions de l’urbanisation de la Syrie et la nature des contacts entre le monde suméro-akkadien (en Mésopotamie) et le monde syrien (plus à l’ouest, dans les terres) qui sont étudiées.

La position unique du site, les conditions de conservation de ses vestiges en ont fait un chantier-école où étudiants et chercheurs français eurent la possibilité de travailler avec les chercheurs issus du pays hôte mais aussi des pays limitrophes, Liban, Jordanie et Irak notamment. Sous la direction d’André Parrot, Jean-Claude Margueron puis Pascal Butterlin, les fouilles se sont déroulées jusqu'en 2010. 

 

La mission archéologique française de Mari et la crise syrienne

Le site a subi de plein fouet la crise syrienne. Depuis lors, la mission de Mari poursuit l'étude de ce site exceptionnel par la publication de fouilles restées inédites pour une large part et par la mise en valeur des archives inestimables compilées depuis 1933 et conservées au service des archives de la maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès. La mission assure également le suivi des dégâts sur le site en confrontant les données issues de la télédétection avec ses propres archives, notamment les photos satellites du site réalisées avant le début de la guerre. 
 
La mission archéologique française de Mari est soutenue par le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères sur l'avis de la Commission consultative des recherches archéologiques à l’étranger, ainsi que par le labex Les passés dans le présent (ANR-11-LABX-0026-01).

Les collections de Mari au musée du Louvre

D'importantes collections issues des fouilles de Mari sont conservées au département des Antiquités orientales du musée du Louvre, dont les statues d'Ebih-Il, d'Idi-Ilum,ou la peinture dite "de l'investiture".

La lutte contre le vol et le trafic illicite des biens culturels est l'une des priorités du ministère de la Culture, qui prête une grande attention à l'ensemble de ces problématiques, notamment par son rôle régalien de contrôle de la circulation des biens culturels.