© Mission archéologique de Ras Shamra
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Explorer le site : Ougarit
Dans la cité d’Ougarit, l’architecture associe étroitement les vivants et les morts. Une tombe collective a été retrouvée dans de nombreuses maisons, sous les sols du rez-de-chaussée. Le nombre de tombes dans un quartier semble être fonction de la densité de l’habitat. Chaque demeure ne possède cependant pas une sépulture.
La tombe, qui comprend un dromos et une chambre funéraire, est prévue dans le projet de construction de la maison. Les sépultures les plus luxueuses sont construites entièrement en pierre de taille.
Les enduits muraux, réalisés à partir de terres, parfois mélangées à des éléments végétaux, sont généralement très mal conservés.
Seuls de rares vestiges, découverts dans le Palais royal, renseignent sur l’existence d’enduits colorés (en bleu et en rouge) à Ougarit.
La mise en couleur, par Emma Croidieu, des restitutions architecturales de la « Ville Sud » par Olivier callot, est donc hypothétique.
L’industrie textile à Ougarit est documentée par les textes ainsi que par la découverte d’instruments tels des fusaïoles, des poids de tisserand, des aiguilles… Nous savons ainsi que laine et lin étaient travaillés à Ougarit.
L’environnement de la côte levantine, soumise à un climat de type méditerranéen avec une alternance de saisons sèches et humides, offre malheureusement de très mauvaises conditions de conservation pour les matériaux périssables tels que les textiles ou les peaux.
À notre connaissance, les seuls vestiges de tissus aujourd’hui « conservés » sont prisonniers de la gangue corrodée adhérant à la surface de quelques objets en métal. Les tissus représentés dans les restitutions architecturales du secteur de la « Ville Sud » sont donc hypothétiques. Les textiles pouvaient être teints ; les textes renseignent notamment sur des teintures d’origine végétale, comme la garance, ou d’origine animale comme la pourpre.
Dans de nombreuses maisons, de grands vases de stockage en céramique ont été mis au jour dans une ou plusieurs pièces du rez-de-chaussée. Ces jarres de grandes dimensions (hauteur le plus souvent supérieure à 1 m et pouvant atteindre 1,5 m), aussi appelées pithoï, servaient vraisemblablement au stockage de denrées alimentaires (céréales, fruits…) et de liquides (huile, vin, eau). Le corpus des pithoï d’Ougarit comprend des récipients produits sur place mais aussi des vases dont les formes et les décors sont très proches des productions chypriotes et qui pourraient donc avoir été importés de l’île voisine.
Dans les maisons d’Ougarit, le matériel en pierre lié à des activités de broyage ou de mouture comprend généralement des molettes, des meules dormantes, des pilons et des mortiers. La plupart des mortiers sont fabriqués en basalte. Cette roche d’origine volcanique n’est pas présente dans l’environnement immédiat du site, les affleurements les plus proches étant localisés à plusieurs dizaines de kilomètres. La forme de loin la plus fréquente est celle du mortier tripode.