Visite du Borrieswalde

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Dès le début de la guerre, les combattants allemands vont aménager deux amphithéâtres naturels dans la partie de la forêt surplombant le village d’Apremont (Ardennes), suivant un plan extrêmement organisé. Ces vastes dépressions naturelles vont accueillir respectivement le camp de repos d’un bataillon d’un régiment défendant le secteur et une partie des services logistiques desservant ce secteur du front. Desservi par les infrastructures routières déjà existantes, puis très rapidement par un chemin de fer à voie étroite, le camp s’étend sur près de 1 600 m d’ouest en est et 1 000 m du nord au sud. Il accueille aussi un hôpital et un cimetière. Cet ensemble est alors baptisé Borrieswalde Lager, en référence au général von Borries, chef d’état-major du corps d’armée tenant le secteur en début de guerre.

2014 © Ministère de la Culture. La Forme

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Le mess des officiers
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Le mess des officiers du camp allemand du Borrieswalde

Fonds documentaire P. Radière

Fouilles archéologiques du mess des officiers du camp du Borrieswalde

Cl. Yves Desfossés. Ministère de la Culture et de la Communication

Scène de vie quotidienne des officiers allemands au camp du Borrieswalde

Cl. Yves Desfossés. Ministère de la Culture et de la Communication

Vaisselle en faïence découverte lors de la fouille du mess des officiers du camp du Borrieswalde

Cl. Yves Desfossés. Ministère de la Culture et de la Communication
Le cimetière
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En bordure sud-est de la gare et de la Pioner Platz, un cimetière est aussi rapidement implanté, pour accueillir les dépouilles des soldats tués au front, mais aussi dans les formations sanitaires toutes proches. Autour d’un imposant monument, érigé par le Landwher Infanterie Regiment 27, stationné dans le secteur au début de la guerre, s’agrègent peu à peu des tombes, souvent surmontées d’un monument funéraire. Quelques-unes des stèles ainsi que le monument commémoratif sont toujours visibles dans le cimetière militaire actuel, dans lequel ont aussi été regroupés après guerre les corps exhumés d’autres cimetières militaires allemands des environs.

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Le cimetière du camp du Borrieswalde en novembre 2013

Cl. Thomas Sagory. Ministère de la Culture et de la Communication

Le cimetière du camp du Borrieswalde en novembre 2013

Cl. Thomas Sagory. Ministère de la Culture et de la Communication

Le cimetière du camp du Borrieswalde en novembre 2013

Cl. Thomas Sagory. Ministère de la Culture et de la Communication
La gare et la Pionner Platz
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Du village d’Apremont, situé en contrebas dans la vallée et où existe déjà une gare avant la guerre, l’armée allemande va aménager une nouvelle voie ferrée qui passe entre les deux camps qui forment le Borrieswalde Lager. Elle dessert une vaste zone de dépôt de matériel (Pioner Platz) installée sur le plateau qui surplombe les deux amphithéâtres naturels, puis se dirige vers la zone de front, située 8 km plus au sud. Ce secteur est connu sous le nom de Bahnhof Mudrahöhe, en référence au général commandant cette zone de front au début de la guerre. Du fait de l’importance de la circulation des convois d’approvisionnement dans ce secteur, un triangle de retournement des machines, ainsi qu’une cuve à eau destinée à l’alimentation des locomotives à vapeur sont construits. Plusieurs bâtiments, certainement dédiés au stockage sont installés le long des voies.

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Exemple de voies ferrées en Argonne

Fonds documentaire P. Radière

Visite officielle en Argonne le 9 avril 1915

Fonds documentaire P. Radière
L'hôpital
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Sur la bordure est du camp, les formations sanitaires en charge de la Hauptverbandplatz ont installé leurs casernements et l’hôpital. Ce secteur du Borrieswalde Lager n’a pas pour l’instant fait l’objet d’investigations poussées. Seules quelques prospections ont permis de localiser l’entrée bétonnée de ce qui semble être un vaste aménagement souterrain, très certainement l’hôpital, ainsi que quelques emplacements de baraquements, dont la fonction exacte reste à préciser.

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Le camp des services
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Dans l’amphithéâtre est, de part et d’autre d’une petite source, sont installés une trentaine de baraquements, étagés sur deux à trois niveaux et de tailles diverses. Les plus grands bâtiments sont implantés à l’est de la source. La grande taille de ces constructions laisse supposer qu’elles étaient destinées à un usage collectif, d’autant plus que deux d’entre elles recèlent chacune deux grandes bases de four en briques. Côté ouest, les bâtiments sont de taille plus modeste et correspondent plus à des cantonnements, exception faite d’une grande plateforme. À proximité immédiate de cette dernière, a été fouillée une fosse dépotoir contenant des chutes de film cinématographique et des crayons de graphite destinés au projecteur. C’est peut-être le cinéma mentionné dans les archives allemandes, qui précisent aussi que cette partie du camp accueillait convalescents et troupes techniques, notamment chargées de l’entraînement à la guerre des gaz.

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Les écuries
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À la sortie ouest du camp des services, un long chemin rectiligne permet d’accéder à la partie basse du second amphithéâtre. Cette voie d’accès est surplombée sur son côté est par deux niveaux de baraquements. De grands bâtiments, souvent longs de plus de 20 m, occupent la terrasse la plus basse. La fouille de trois d’entre eux a permis de déterminer leur fonction. Deux sont des écuries et le troisième une forge. Les petits baraquements qui occupent le second niveau correspondent plutôt aux cantonnements des palefreniers. Ici stationnaient l’ensemble du train de combat du régiment occupant le secteur, ainsi que les chevaux des officiers, soit près de 250 animaux.

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Fouille du secteur des écuries durant l'été 2013

Cl. Yves Desfossés. Ministère de la Culture et de la Communication

Fouille du secteur des écuries durant l'été 2013

Cl. Yves Desfossés. Ministère de la Culture et de la Communication
Le camp de bataillon
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C’est l’amphithéâtre ouest qui recèle l’aménagement le plus abouti et organisé du Borrieswalde Lager. Dans cette dépression naturelle large de près de 500 m et présentant un dénivelé de plus de 30 m, quatre niveaux de circulation matérialisés par de larges chemins parfaitement horizontaux subsistent, étagés régulièrement dans la pente. S’ouvrant sur ces chemins, les emplacements de petits baraquements, une trentaine par niveau, sont encore parfaitement visibles. À l’aune d’une dizaine de combattants par bâtiment, ce sont près de 1000 hommes qui pouvaient stationner dans cette partie du camp, soit l’effectif d’un des trois bataillons du régiment affecté au secteur, placé là au repos alors que les deux autres bataillons sont en première ou en seconde ligne.

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Le camp du Borrieswalde

Fonds documentaire Jean-Claude Laparra

Le camp de bataillon du Borrieswalde

Fonds documentaire Alain Jacques

Le camp de bataillon du Borrieswalde

Fonds documentaire Alain Jacques

Le camp de bataillon du Borrieswalde en novembre 2013

Cl. Thomas Sagory. Ministère de la Culture et de la Communication
Les cabanes
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Après avoir terrassé, dans la pente naturelle du terrain, le décrochement qui correspond au futur emplacement de la cabane, les soldats rejettent, sur le devant, les déblais du creusement de la plateforme ainsi créée, pour former les chemins qui vont relier les cabanes. Ils construisent alors de petits baraquements en bois, qui reposent le plus souvent sur des plots de briques. Ce sont des constructions qui mesurent 8 à 10 m de longueur, pour 4 à 5 m de large, avec un toit à une seule pente, le plus souvent en toile goudronnée recouverte de branchages. Sur la façade avant s’ouvrent en règle générale une porte et une ou deux fenêtres. Ce sont des bâtiments confortables, dotés d’un poêle adossé au mur arrière. D’après les photographies d’époque, ces maisons sont souvent ornées de décorations extérieures réalisées avec des branches de bouleau.

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Les cabanes du camp du Borrieswalde

Fonds documentaire Yves Desfossés

Officiers allemands à l'intérieur d'une cabane du camp allemand du Borrieswalde

Cl. Yves Desfossés. Ministère de la Culture et de la Communication

Creusement de cabane sur le camp du Borrieswalde

Fonds documentaire Yves Desfossés

Fond de cabane du camp allemand du Borriewalde

Cl. Thomas Sagory. Ministère de la Culture et de la Communication
La cuisine
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Si la majorité des bâtiments qui ont pu être fouillés ont servi à loger des soldats, certaines traces de cabanes présentent des caractéristiques qui montrent qu’elles avaient un usage plus particulier. Ainsi, le sol d’une baraque était une épaisse dalle de béton, soigneusement réalisée et délimitant deux pièces. Dans la pièce principale se trouvait la base maçonnée d’un four double et d’une cheminée, permettant certainement de préparer les repas pour l’ensemble du 3e niveau de cantonnement. La dalle de béton était aussi dotée à un angle d’un exutoire métallique, qui permettait l’évacuation des eaux de cuisine et de nettoyage.

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Les installations communes
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Faire vivre près de mille hommes dans un même endroit suppose aussi que des bâtiments à usage collectif, pour la toilette notamment, soient construits. Les fouilles ont permis de localiser dans la partie basse et centrale de l’amphithéâtre plusieurs traces de grandes constructions qui semblent correspondre à cet usage. Ainsi le bâtiment des douches est matérialisé au sol par une succession de sols dallés ou bétonnés formant deux grandes pièces, bordées d’une rigole d’évacuation des eaux. L’emplacement de la chaudière ainsi que celui de la cuve à eau chaude bordent ces aménagements. Un peu plus haut dans la pente, la base en briques d’un double four repose sur un sol formé de larges dalles en calcaire soigneusement disposées. Il semble que ce soient là les vestiges de l’étuve permettant le nettoyage et l’épouillage des uniformes.

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Fouilles archéologiques des installations communes du camp allemand du Borrieswalde

Cl. Yves Desfossés. Ministère de la Culture et de la Communication

Fouilles archéologiques des installations communes du camp allemand du Borrieswalde

Cl. Yves Desfossés. Ministère de la Culture et de la Communication

Fouilles archéologiques des installations communes du camp allemand du Borrieswalde

Cl. Yves Desfossés. Ministère de la Culture et de la Communication

Restitution de latrines de la Grande Guerre

Cl. Yves Desfossés. Ministère de la Culture et de la Communication